Expliquant le lien entre information et énergie, deux sujets cruciaux pour ce siècle de transition numérique et énergétique. la thermodynamique permet d’analyser les phénomènes économiques sur les traces des scientifiques (Sadi Carnot, Frederick Soddy, Claude Shannon, François Roddier, entre autres) qui en ont posé les bases. Nous allons explorer ici le chemin qui relie la monnaie à l’énergie. Plus particulièrement, nous allons distinguer les deux catégories de monnaie, monnaie-valeur et monnaie-dette, chacune “tokenisant” l’énergie de manière très spécifique.


Par Pierre Noizat, Fondateur et PDG de Paymium,

Entrepreneur Bitcoin à temps plein depuis 2010, codeur, évangéliste de l'Internet de la valeur.

Cet article a été publié pour la première fois sur E-ducat.


Rappels utiles

First, let us note that the link between money and energy is acknowledeged by everyone, often without knowing it. A salary paid in money at the end of the month corresponds to some work; but thermodynamics poses an equivalence between energy and work, both measured in Joule.

Remarquons d’abord, que comme la prose de M. Jourdain, le lien entre monnaie et énergie est pratiqué par chacun souvent sans le savoir. Le salaire payé en monnaie à la fin du mois correspond à un travail; or la thermodynamique pose une équivalence entre énergie et travail, mesurés l’un et l’autre en Joule.

La théorie de l’information

Tout système monétaire est donc régi par les lois de la thermodynamique et peut s’analyser comme une machine thermique. La thermodynamique définit l’entropie comme une mesure de l’incertitude ou du désordre. Fondamentalement, si un système monétaire sert à faciliter et enregistrer des transactions, sécuriser ces transactions jusqu’à les rendre irréversibles revient à réduire l’entropie du système, ce qui nécessite un apport d’énergie selon le deuxième principe de la thermodynamique.

Ce principe stipule que l’énergie d’un système se dégrade spontanément en passant de formes concentrées à des formes diffuses (mouvements, chaleur, etc.) L’entropie d’un système isolé augmente, ou reste constante: elle ne peut diminuer que par un apport d’énergie extérieur.

Pour rappel, qu’est ce que le travail ?

“En thermodynamique, le travail effectué par un système correspond à l’énergie transférée par le système à son environnement. L’énergie cinétique, l’énergie potentielle et l’énergie interne sont des formes d’énergie qui sont les propriétés d’un système. Le travail est une forme d’énergie , mais c’est de l’ énergie en transit . Un système ne contient pas de travail, le travail est un processus effectué par ou sur un système. En général, le travail est défini pour les systèmes mécaniques comme l’action d’une force sur un objet à distance.” (Nick Connor, thermal-engineering.org )

Rappelons aussi: “Lorsqu’un système thermodynamique passe d’un état initial à un état final , il passe par une série d’états intermédiaires . Nous appelons cette série d’états un chemin . Il existe toujours une infinité de possibilités différentes pour ces états intermédiaires. Le travail effectué par le système dépend non seulement des états initial et final, mais aussi des états intermédiaires, c’est-à-dire du chemin.”

Travail mécanique = force x déplacement

Puissance = travail / temps

Energie = puissance multipliée par le temps pendant laquelle elle est appliquée.

L’énergie et le travail sont équivalents et mesurés en joules (J). La puissance est mesurée en Watt (W). Un joule égale un watt pendant 1 seconde.

Lorsqu’on parle d’énergie, il convient donc de préciser de quelle énergie il s’agit. La création de richesse se définit d’ailleurs selon F. Soddy, comme la conversion d’une énergie sous une forme utilisable, typiquement la conversion d’un flux d’énergie (travail) en un stock d’énergie (matière première utilisable, produit fini, énergie interne, énergie potentielle, etc).

Un être vivant, selon François Roddier(1), est une “machine thermique” traversée par des flux d’énergie qui le maintiennent dans un état quasi-stationnaire, hors équilibre. Si ces flux cessent, l’entropie augmente et la vie s’arrête.

Remarquons enfin que les flux d’énergie sur Terre (par exemple, irradiance solaire = 1360 Watt/m2 ) sont majoritairement perdus (wasted), seule une petite fraction est absorbée par le vivant ou transformée en richesse (2). L’efficacité des transformations de l’énergie d’une forme à une autre est faible. On estime par exemple que l’efficacité énergétique d’une éolienne est aujourd’hui inférieure à 60%, celle d’un panneau solaire 40%.

Monnaie-valeur

La monnaie-valeur se définit comme la représentation d’une énergie déjà produite et stockée sous forme d’un jeton (token) physique ou électronique: l’or et Bitcoin entrent naturellement dans cette catégorie.

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Par Pierre Noizat,

Entrepreneur Bitcoin à temps plein depuis 2011, codeur, évangéliste de l'Internet de la valeur.

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